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Projection de « M » : pédophilie et milieu orthodoxe au cœur du débat

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C’est en plein cœur de Paris, au MK2 Beaubourg, que près de 200 personnes ont assisté lundi 1er avril à la projection-débat du film « M » de Yolande Zauberman, récompensé au Festival de Locarno. Ce documentaire choc, qui a enthousiasmé la critique, retrace l’histoire de « M », comme Menahem Lang, enfant prodige à la voix d’or, abusé par des membres de sa communauté. Quinze ans après, il revient à la recherche de ses abuseurs dans son quartier natal de Bnei Brak, capitale mondiale des Juifs ultra-orthodoxes.

Organisée conjointement par le distributeur New Story, l’Action Jeunesse du FSJU, la Fondation OPEJ et l’association Levtavoix du Rav Élie Lemmel, cette projection-débat a tenu toutes ses promesses, pour avoir abordé, sans tabou ni fatalisme, la question des violences sexuelles exercées sur mineurs dans les milieux clos, tels que ceux de Bnei Brak, évoqués dans cette narration où les langues se délient à la faveur d’une enquête nocturne, menée en yiddish par Menahem et son acolyte Yolande.

Effet miroir du film de François Ozon “Grâce à Dieu”, sorti plus tôt sur les écrans et qui dénonce le silence assourdissant d’une l’Église catholique qui vacille sous les scandales sexuels et de pédophilie, le documentaire “M”  donne à voir, dans ce prolongement, d’autres aspects moins connus du grand public. Ceux qui ont trait aux codes des milieux ultra-orthodoxes : dynasties de Rebbé, maîtres vénérés qui gèrent en interne et dans la plus grande confidentialité les affaires de mœurs, peur du galgal (reproduction du cercle vicieux), influence religieuse implacable exercée sur les jeunes enfants dans les yechivot etc.

Autant de règles strictes et respectées par la communauté orthodoxe qui privilégient non seulement la justice de Dieu, au lieu de celle des hommes (…) mais ces milieux, faut-il le rappeler, engendrent également, par le fait d’être coupé du monde, la non-mixité et l’omerta qui y règnent, un terreau qui favorise le passage à l’acte de pédophiles souvent patentés”, explique Stéphanie Kastel, psychothérapeute franco-israélienne, invitée à dialoguer avec la salle à l’issue du visionnage.

« Ce film est bouleversant et nous tend le miroir de notre propre responsabilité » témoigne une spectatrice lors de l’échange passionnant, animé par Philippe Lévy, directeur de l’Action Jeunesse du FSJU. Les deux invités, le Rav Elie Lemmel, célèbre conférencier, rabbin, et responsable de l’association Levtavoix qui fait de la prévention dans le milieu religieux et possède une ligne d’écoute, et Stéphanie Kastel attachée à la Fondation OPEJ, ont ainsi pu répondre aux questions nourries et sensibles de la salle en levant les tabous.

« En 2019-2020, NOÉ poursuivra ce cycle de projections avec des films puissants à forte portée éducative pour faire réagir et bouger les lignes ! » assure Philippe Lévy qui avait déjà mobilisé ses éducateurs sur la pièce de théâtre « L’être ou pas » de J.C. Grumberg dans le cadre du “Festival Paroles Citoyennes”.

Retrouvez les invités de cette projection-débat dans l’émission NOÉ BY NIGHT

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