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La jeunesse fête Yom Haatsmaout !

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Mercredi 8 mai, un collectif de jeunes de mouvements de jeunesse emmené par NOÉ a participé à la grande cérémonie du Yom Haatsmaout au Casino de Paris. Comme chaque année, à l’approche de ce temps fort de la vie communautaire des plus fédérateurs, le département Jeunesse du FSJU s’est joint au KKL et au CRIF pour ce 71e anniversaire de l’indépendance de l’État d’Israël dédié aux villes du Sud du pays touchées par les tirs en provenance de Gaza. Enrôlée par NOÉ dans une troupe théâtrale de circonstance, une quarantaine de jeunes s’est investie dans la première partie, le Yom Hazikaron, en hommage aux 23 741 soldats tombés sous le drapeau et aux quelque 3150 victimes du terrorisme par-delà les frontières. Un moment de grande unité retracé dans notre Chronique en backstage.  

 

Mercredi 18h : Dans les loges 

Rendez-vous fut donné devant l’entrée des artistes à nos apprentis acteurs venus faire leurs premiers pas sur le plateau du Casino de Paris, dans une excitation teintée de fébrilité. Elias, responsable de la section NOAM (courant Massorti), venu se greffer au projet avec ses animateurs à peine rentrés d’un voyage mémorable en Ukraine, prend place dans les loges aux vastes miroirs, sertis de grosses ampoules, aux reflets tantôt intimidants tantôt valorisants pour ces jeunes comédiens se jouant de l’éclairage. Première leçon d’art dramatique ainsi vérifiée : son meilleur profil face aux projecteurs qui les sublimeront une fois sur scène ! L’un deux s’écrie même “C’est Broadway ici !” déclenchant un rire général, lâcher prise indispensable pour évacuer ce premier stress des repérages et des coulisses d’une magie théâtrale qui allait bientôt s’orchestrer pour le bonheur du groupe. Chacun des jeunes du DEJJ, Dror, Moadon, Noam, de Yaniv, l’Hashomer Hatzaïr, MJLF … est accueilli par l’équipe NOÉ attentive à ce qu’à cet instant crucial, le groupe se mue en véritable troupe, soudée et solidaire.  

Philippe Lévy, le directeur de l’Action Jeunesse, a sévi deux répétitions durant, comme metteur en scène pour monter trois séquences d’un tableau vivant autour de textes forts d’auteurs israéliens. Cette heure dans les loges sera donc consacrée aux “italiennes”, ces répétitions à vide, sans enjeu de composition, pour assurer le texte et tenir hors de soi le redoutable trou de mémoire. « Pas question de flancher sur une réplique« , concède avec détermination une jeune animatrice du MJLF. Ce moment convivial dans l’antre du théâtre est propice à se connecter à son partenaire et à recueillir les ultimes conseils des copains avant d’affronter le public. Dans une cacophonie joyeuse, les voix se télescopent, les dictions se musclent, et les interprétations se dessinent. Des graines de comédiens se dégagent, dont la pétillante Noa de Yaniv, élève aux célèbres Cours Florent à Paris, en section “comédie musicale” ou Gabriel du DEJJ qui a fréquenté son conservatoire d’arrondissement, et dont la présence est indéniable de charisme. Les timbres de voix s’éclaircissent et les verrous corporels se libèrent. L’audace pointe même chez certains qui osent un jeu personnel et émouvant… Alix et Daphné, les deux collaboratrices de l’Action Jeunesse, aux manettes de ce tour de chauffe, motivent les plus anxieux, tandis qu’en régie, le plan de feu (la mise en scène des lumières) et la scénographie se règlent dans leurs derniers détails.  

À 19h précises, au “top” donné par le régisseur plateau, le collectif arrive des cintres, et découvre, un brin médusé, l’immensité de la salle et de sa jauge (1500 personnes sont attendues). Les quarante apprentis comédiens qui ont assimilé en répétition les règles de placement et l’art de proférer la voix se déclarent fin prêts, disponibles physiquement à donner le meilleur d’eux-mêmes, et à partager la tête d’affiche avec les officiels et les autres protagonistes de cette soirée. Ils accompagneront ainsi à chacun de leurs mouvements, tels les guides précieux d’une soirée où la Jeunesse reste l’impérieuse promesse :  l’Ambassadrice de l’État d’Israël, Aliza Bin Noun, le grand rabbin Olivier Kaufmann ou encore le président du CRIF, Francis Kalifat. 

19h : Le filage 

Les répétitions sont lancées ! Philippe Lévy, en directeur d’acteurs exigeant et bienveillant, assure le filage : cette répétition chronologique d’un spectacle. Les techniciens du son, de la lumière et du plateau sont synchronisés autour des indications de mise en scène consignées dans l’indispensable conduite, censée assurer le déroulement millimétré des séquences du tekes (ndlr : cérémonie en hébreu) de la première partie : Yom Hazikaron puis du Yom Haatsmaout. Ainsi, de l’ombre et la tristesse des premiers tableaux vivants, drapeau en berne et décor dépouillé, l’on passe aux évocations de joie et à la parade qui célèbre dans la liesse les festivités lumineuses de l’anniversaire de l’indépendance d’Israël.  

Elias, Salomé, Simon, Aviv et Léa, acteurs du tableau choral inaugural, de cour à jardin, – notions spatiales élémentaires acquises lors de répétitions pour mémoriser ses entrées et déplacements sur scène -, viennent se placer au lointain devant le grand cyclo (écran en fond de scène), sur lequel défilent tour à tour les images de soldats tombés pour Israël, les témoignages touchants des familles ou encore les paroles de la prière du souvenir Yzkor 

Myriam, l’une des espiègles responsables de l’Hashomer Hatzaïr, qui ne rate pour rien au monde cette occasion de “s’éprouver face à un public”, confie : « Comme moi, mes camarades prennent le pouls de cette impressionnante audience et vont se rendre compte progressivement que leurs textes mis en musique, et maintenant assimilés, vont résonner dans la salle en plongeant le public dans une vibration collective que l’on ressent parfaitement quand on est sur scène. Une sensation grisante de fierté !”.  Simon, volontaire en service civique NOÉ auprès de l’OFAC, renchérit : “ C’est très nouveau pour moi de me retrouver sur un plateau (…) J’ai les jambes qui flageolent et la voix dans les godasses … je n’imaginais pas avoir autant le trac, mais j’ai tellement hâte de tout donner au lever du rideau ! ». 

19h30 : Interlude 

Alors que le filage s’achève sur les encouragements et les derniers conseils du metteur en scène, chacun regagne sa loge pour prendre des forces et préparer ses “mises” (ndlr : sa tenue et ses accessoires dans le jargon des Arts Vivants). Si la pression se ressent subreptice dans le mutisme des uns, fort concentrés à psalmodier leurs textes, ou les blagues des autres conjurant un trac tenace, la troupe du soir prête l’oreille aux crépitements de la salle qui se remplit peu à peu. Yoni et Salomé de l’Habonim Dror scrutent, subjugués, l’écran de contrôle qui transmet en direct le balai des personnalités qui s’installent au premier rang ou leurs proches s’asseyant à l’orchestre. « Je comprends mieux les acteurs lorsqu’ils parlent du trac ! Participer à un spectacle de cette envergure est un réel challenge pour moi qui suis timide au quotidien” confie Mia du mouvement de jeunesse NOAM. 

20h – Que le spectacle commence ! 

La salle comble renvoie le signal à nos acteurs d’une première victoire. Tous sont venus rendre hommage à Israël et les soutenir dans un contexte particulièrement douloureux où l’on déplore quatre victimes dans les villes du Sud du pays, touchées par les roquettes tirées depuis Gaza. La rumeur provenant des spectateurs chante comme un concert familial et affectueux jusqu’à l’éclairage “demi-salle” et l’extinction totale des feux. Dans une obscurité quasi religieuse, chacun se dit “M…” et file en coulisses.  Nos acteurs s’apprêtent à faire leur entrée !

Un dernier regard complice lancé à Alix, qui les a aidés à répéter et c’est le coup d’envoi ! Pas de coups de brigadier comme le rituel du théâtre classique l’imposait, mais une stridente sonnerie, comme elle retentit à cette période en Israël, en guise de minute de silence d’ouverture. D’un seul mouvement, la salle se lève et se rassoit aux prémices annoncées en voix off du Yom Hazikaron. C’est dans une atmosphère solennelle que les jeunes se meuvent sur un plateau nu, avec pour seuls éléments de décor la flamme en avant-scène, qui rougeoie en hommage à tous ces jeunes soldats dont nos acteurs égrèneront les noms, comme autant de frères et sœurs symboliquement perdus. Les lumières cramoisies et diaporamas se succèdent. Tel un chœur antique, les acteurs lancent au public “Comment le bénirais-je ?”, litanie lancinante  évoquant la jeunesse et l’insouciance arrachées au combat. La bande son, mélopée triste qui emprunte à l’univers du compositeur Armand Amar, donne une profondeur inouïe à cette première partie. Après les discours dont ceux d’Aliza Bin-Noun, Ambassadrice d’Israël en France et de Robert Zbili, président du KKL de France, rappelant l’importance de l’engagement sioniste des jeunes et la qualité de la prestation du collectif NOÉ, la troupe qui s’est changée en un clin d’œil, revient alors  pour la parade, arborant fièrement ses houlzot (chemises) 

Voici les festivités de YoHaatsmaout lancées ! Alors que la fanfare rythme la cadence des pas qui ramènent nos jeunes en une ligne de chœur, lesquels s’élancent sur scène avec d’immense drapeaux israéliens, la salle tout entière est éclairée et chante l’Hatikva. Chacun des jeunes, pour son mouvement, lève son drapeau à la gloire d’Israël : qui pour son peuple et son Histoire, qui pour ses hauts faits, qui pour sa Jeunesse juive, sa langue, et sa capitale Jérusalem etc. Un hommage appuyé est rendu aux populations courageuses des villes de Ashdod, AshkélonSderot sous le feu des roquettes.  

 

21h : Le Finale 

Le rideau tombe sous les applaudissements nourris et les rappels. La première partie s’achève pour laisser place, après l’entracte de rigueur, à une Chira Betsibour, karaoké grandeur nature avec un band qui reprendra les grands succès des sept décennies de chansons israéliennes reprises à l’unisson par une salle survoltée. En coulisse, on entend des houra de la part des camarades de jeu : « C’était génial ! » « À refaire l’année prochaine !» « J’étais tellement stressé, mais ça valait le coup ! », autant d’ondes positives et de sourires qui scellent l’excellente prestation de nos comédiens amateurs dont la conclusion leur revient : « J’avais déjà fait le spectacle l’année dernière et à chaque fois, je trouve que c’est de mieux en mieux »  (Salomé du DEJJ), … « Merci à NOÉ de nous faire vivre de tels moments pour gagner en assurance et s’essayer au spectacle vivant (Noa)… “Plus qu’une expérience d’un soir, un vrai workshop pour comédiens” (Yoni), … “ 

Toute l’équipe de NOÉ est fière de cette formidable adhésion des jeunes qui ont fait de ces cérémonies de Yom Hazikaron et Yom Haatsmaout un rendez-vous incontournable de leur engagement en faveur d’Israël. À l’année prochaine ! 

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