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Yam Lekoulam : jeunesse solidaire !

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D’après les mots de Tennessee Williams, « Qui aime la jeunesse, aime la mer ». Pourtant, cet adage en forme de promesse peut masquer une situation plus contrastée dans le champ de la protection de l’enfance. Malgré les efforts de prise en charge des familles en difficulté par les associations spécialisées, les travailleurs sociaux et le Réseau Ezra, chaque année de nombreux enfants ne peuvent partir en vacances et connaître ainsi les joies des colonies proposées par les organismes de jeunesse.

Face à ce constat, les services du Fonds Social Juif Unifié, dont la mission centrale œuvre sans relâche pour permettre aux familles défavorisées de souffler un peu, et son partenaire Moadon, ont initié, dans un été en pente douce, une opération inédite baptisée Yam Lekoulam (« La Mer pour tous! »).

Pour cette NOÉ’sletter de rentrée, nous vous proposons une immersion grâce aux nombreux témoignages et le photoreportage de cette première édition réussie d’une journée d’évasion et de partage dédiée à l’enfance !

 

Mobilisation générale pour une aventure hors du commun

Ce mercredi 28 août marquera assurément la mémoire de l’institution et de tous ses professionnels et bénévoles, comme un nouveau chapitre qui s’ouvre sur les mines réjouies et remerciements nourris d’enfants, apprivoisant la mer et ses coquillages, se jouant des ressacs de l’écume, les yeux subjugués par cette ligne d’horizon du ciel délavé de Normandie.

Une journée dont l’invite en hébreu, Yam Lekoulam, ludique, démocratique et généreuse (la mer pour tous !), a permis d’élargir l’aire de jeux d’adolescents, le plus souvent confinés chez eux, privés d’été et de plage, dans un désœuvrement qui ne pouvait rimer avec fatalité !

Image naïve et presque banale d’enfants jouant aux châteaux de sable ou au cerf-volant, si elle n’était le reflet d’une triste réalité.

Laëtitia Hayoun, en charge des relations avec les familles au sein du réseau EZRA (réseau d’aide aux personnes en situation d’isolement ou de désœuvrement) explique que ces enfants, suivis par le FSJU et son département social (dirigé par Sandrine Zena), se sont enrôlés dans l’aventure Yam Lekoulam aux côtés d’une quarantaine de jeunes des maisons d’enfants de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), pour « leur plus grand plaisir, et avec le grand OUI de parents réjouis qui n’ont pas manqué de témoigner leur reconnaissance bien des jours après  ! ».

« Permettre aux familles de souffler et de se ressourcer est aussi un moyen de les aider » commente Sandrine Zena, directrice de l’Action Sociale. « Pour la plupart, les enfants qui ont participé à cette journée ne sont pas partis en vacances. Certains n’ont même jamais vu la mer ! Nous souhaitions que Yam Lekoulam leur permette de démarrer l’année sereinement, et qu’ils puissent eux aussi raconter leurs vacances à leurs copains d’école dès la rentrée des classes ».

 

Un air de colo pour nos oubliés des vacances

Ainsi, près de 250 enfants de 8 à 15 ans ont participé à cet événement organisé à Saint-Aubin-sur-mer, dans le Calvados.

Conçue grâce au formidable élan porté par l’association Moadon, qui mène son gala annuel en faveur de la campagne de l’Appel national pour la tsedaka en sensibilisant ses donateurs aux causes proches de l’Enfance, cette initiative est née d’un remarquable volontarisme ! L’inspiration revendiquée d’adapter le format de la Journée des Oubliés des Vacances, menée depuis quarante ans par le Secours Populaire Français (SPF), a permis aux équipes du Fonds Social et de NOÉ de rencontrer leurs homologues du SPF au démarrage de l’opération Yam Lekoulam, pour un partage d’expérience des plus confraternels.

« Nous voulions créer quelque chose d’inédit, de novateur et de frais dans notre Communauté tout en saluant le modèle du Secours Populaire ! » déclare prolixe Gaby Bensimon, responsable de Moadon et élu en charge de la jeunesse au FSJU, «… offrir une parenthèse joyeuse qui donne du sens et de la lisibilité sur nos actions pour l’ensemble des donateurs et du grand public, pour qui la Tsedaka est un temps fort d’engagement unanime et de compréhension de la mission indispensable du Fonds Social, et de ses partenaires, en matière de soutien aux plus démunis, (…) mais également démontrer son rôle d’accélérateur de lien social et d’incitation à la solidarité et au bénévolat auprès de la jeune génération, grâce au programme NOÉ pour la jeunesse (…).Tous les jeunes animateurs des mouvements ont ainsi rejoint l’aventure Yam Lekoulam, motivés par l’ambition d’un tel défi, et fidèles à leur vocation de justice sociale et d’encadrement sécurisant de la petite et moyenne enfance !».

Rejoint par Julie Guez, directrice de la philanthropie qui rappelle avec force que « L’idée de Yam Lekoulam a fait son bout de chemin au cours des mois de préparation, se peaufinant sans cesse, et agrégeant toutes les forces vives de l’Institution pour devenir un grand rendez-vous, digne des grandes campagnes de la Maison (Ndlr : collecte de Tichri, Tsedaka, colis de Pessah etc.), Philippe Lévy, directeur de la Jeunesse au FSJU, insiste sur le caractère œcuménique de cette opération auprès des organisations de jeunesse.

« A de rares exceptions près, ajoute ce dernier, tous les Mouvements ont joué le jeu, car ils se savaient dans leur rôle de proposer leurs encadrants diplômés BAFA, surveillants de baignade et autres renforts pour apporter de l’attention à ces enfants dont la majorité ne connaît pas encore l’univers des colos, mais surtout un accompagnement compétent et sécurisant ».

« Au fil des réunions intenses de préparation : partage, émulation et connexion au jeune allaient devenir les mots d’ordre indispensables de cette journée, placée sous le signe du vivre ensemble et de la vitalité », ajoute, ravi des objectifs atteints, Jonas Belaiche, collaborateur du département jeunesse, et chef d’orchestre terrain de l’événement.

Solidarité en actes !

Yam Lekoulam est un des nombreux exemples illustrant chaque année les projets réalisés grâce à la collecte de l’Appel national pour la tsedaka, organisée de la mi-novembre à la mi-décembre. Yam Lekoulam en est des accomplissements.

« J’espère que l’ensemble des donateurs qui ont rendu cette journée possible réalisent ce qu’ils ont permis, confient de concert Julie Moïse, rattachée au département de collecte et Delphine Taïeb de Moadon, toutes deux fortement mobilisées sur la logistique de l’événement, et conscientes de la nécessité d’illustrer l’affectation des dons et d’en démontrer sans cesse les bénéfices à l’endroit des publics dans le besoin.

« Les enfants avaient des étoiles pleins les yeux, raconte Marine, animatrice à Yaniv, encore tout émue à l’évocation des étreintes prodiguées par des enfants plus démonstratifs qu’ailleurs. « Comme nous animateurs, j’espère que les généreux donateurs et mécènes de la Journée seront récompensés par ces sourires et cette joie enfantine, qui jaillit, telle une évidence, des albums photos. Je me suis sentie si UTILE et à ma place, poursuit-elle, que je souhaite entamer une mission de volontaire en service civique auprès de NOÉ pour préparer la deuxième édition l’année prochaine et m’impliquer à la Tsedaka ! À bon entendeur ! (Sourire) ». 

Oren Giorno, responsable de la section jeunesse du MJLF, rend également hommage au déploiement d’énergie des « acteurs-initiateurs » de cette Journée : « Sans cette mobilisation générale et cette union sacrée des donateurs, sponsors, bénévoles et professionnels, de nos jeunes des mouvements de jeunesse et de nos partenaires, rien n’aurait été possible ! ».

 

© Crédit photos : Charles Chicheportiche 

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