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Commémorations et transmission

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Durant le mois de janvier et à l’occasion du 75e  anniversaire des marches de la mort et de la découverte du complexe d’Auschwitz, l’équipe NOÉ, ses volontaires en Service civique et les mouvements de jeunesse se sont mobilisés pour réfléchir aux enjeux de transmission de la Shoah dans un avenir inéluctablement privé de ses derniers survivants. Ils étaient  nombreux à participer aux différentes commémorations (Prix Corrin) et campagnes (We Remember)en partenariat avec le FSJU, les Mémorial de la Shoahde Drancy, et le CRIF. Entre visites, témoignages de rescapés, ateliers retraçant l’histoire de jeunes juifs déportés et débats sur le futur de la mémoire, ces « témoins de témoins » ont ressenti l’impérieuse nécessité de  continuer le combat de la transmission. Récit. 

Ce mois de janvier était marqué par de nombreux événements commémoratifs en lien avec la Shoah à l’heure de la divulgation de chiffres alarmants sur la méconnaissance d’une partie des jeunes Français de la réalité de l’Holocauste. Lycéens, étudiants et volontaires en Service civique se sont ralliés à la campagne du Crif « We Remember » sur les réseaux sociaux. « C’est un plaisir pour nous de se sentir faire partie d’une communauté plus large, de voir que nous sommes tous reliés par la même histoire et que nous partageons des événements dans le présent » explique André Gantier, volontaire en Service civique FSJU rattaché à JEM (Judaïsme En Mouvement). 

Dans le prolongement de cette campagne « We Remember », nos volontaires en Service civique, parfaits ambassadeurs NOÉ, se sont également rendus deux fois au mémorial de Drancy pour des formations, visites du musée et une activité organisée par le  CRIF avec des élèves de troisième de Seine-Saint-Denis. Marine Ankri, volontaire en Service civique FSJU auprès de YANIV témoigne : « C’était très émouvant ! Cette formation m’a appris beaucoup de choses fondamentales pour pouvoir encadrer ensuite les jeunes lors de la prochaine activité ;  j’espère qu’on pourra en faire plus  ». Formés en amont par le mémorial de Drancy, les jeunes du programme NOÉ ont pu encadrer les élèves lors des ateliers proposés autour du thème  : « Être Juif en Seine-Saint-Denis pendant la Deuxième Guerre mondiale » et les aider à retracer les parcours de familles juives qui vivaient dans le département. Mathis Fitoussi, volontaire en Service civique FSJU mis à disposition du mouvement Netzer relève : « Les jeunes de 3e  étaient très bien préparés, ils connaissaient énormément de choses, c’est rassurant , c’est tellement fort de pouvoir suivre le destin de jeunes déportés qui avaient nos âges, vivaient dans nos quartiers, fréquentaient nos écoles … ».
Anna Pouillet, tutrice du mouvement Netzer, raconte le poignant témoignage de Victor Perahia et commente la lecture de son texte « très fort et intense », interné enfant au camp de Drancy et déporté au camp de concentration de Bergen-Belsen avec sa mère. Émus, ils ont profité de ce moment pour lui poser des questions sur cette période de l’Histoire.
En fin de journée, tous se sont rassemblés autour de la statue de l’artiste Shelomo Selinger, déporté.  

 Ce chef d’œuvre, 1er prix du Concours international pour le monument du camp de Drancy, illustre l’importance de témoigner et de transmettre aux générations futures. Son petit-fils Elie Abitbol témoigne : «  C’était un moyen pour lui de renouer avec la vie et laisser une trace, de se sortir de sa culpabilité d’avoir survécu, alors que les autres étaient morts  ». 

En parallèle avait lieu le jeudi 23 janvier, au Lycée Louis-Le-Grand la remise du Prix Corrin, organisé par le FSJU, qui récompense chaque année les travaux d’élèves ou d’enseignants en lien avec  l’enseignement de la mémoire de la Shoah. Les élèves émus ont témoigné de leurs travaux à travers des archives, témoignages, l’organisation d’une exposition et de films.  

Tout au long de cette soirée très émouvante, était rappelée l’importance pour l’homme de toujours se questionner sur le pourquoi des choses, l’injonction de se remettre en cause, ainsi que la nécessité de confronter cette haine qu’on a en soi.

«  L’objectif est de lutter contre les tendances haineuses et préjugés racistes et antisémites  ». 

Les équipes du FSJU et du magazine « L’Arche », dont Paule-Henriette Lévy, la directrice de rédaction et de l’antenne RCJ, également responsable du Prix, étaient présentes aux côtés de la famille Corrinfilles et petites-filles, – qui ont témoigné de l’importance de cette récompense qui met en lumière  le travail indispensable des enseignants avec leurs classes -, de  Boris Cyrulnik, membre du comité scientifique, et du grand Rabbin Olivier Kaufmann, entre autres.  

Les classes lauréates de Première STGM du Lycée Adrien Zeller à Bouxwiller pour le projet « Kaddish pour un prof » et les élèves de Première Bac Pro du Lycée Charles Péguy à Gorges pour leur projet « Claude, Maria et Julia Meisels : des étoiles oubliées » ont été ardemment félicitées, ainsi que leurs enseignants très investis dans ces projets primés.  

Mu par cette nécessité de conscientiser la jeune génération, le département jeunesse s’engage activement à réunir les éducateurs des mouvements de jeunesse dans une réflexion de fond sur les stratégies éducatives à mettre en place pour proposer des temps d’échanges et d’activités pédagogiques, à l’image de sa participation au prochain Forum Génération Shoah qui aura lieu du 29 au 1er octobre 2020.   

 

Retrouvez le billet signé dans Actualité Juive par Philippe Lévy, directeur du département Jeunesse FSJU, qui aborde le sujet crucial de la « transmission de la Shoah, demain », en écho au livre de Iannis Roder : « Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse » paru chez Odile Jacob. 

 

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