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Les volontaires en Service Civique à l’épreuve du Covid-19

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L’année 2019-2020 est particulièrement mouvementée pour la promotion des volontaires en Service civique. Les jeunes témoignent : “Entre l’épreuve des grèves et du Covid-19, nous apprenons progressivement à lâcher prise, surmonter l’adversité, nous adapter à cette crise sanitaire inédite et traverser cette période avec sérénité et confiance, tout en restant tournés vers les autres, puisque telle est justement notre mission”. 

Alors que le confinement s’avère parfois difficile et anxiogène pour ces jeunes et leurs familles, les 27 volontaires en Service civique à Paris et sa région, Marseille et Nice, ne lâchent rien”, déclare Emmanuelle Stein, en charge de leur tutorat, « ni leurs études, ni leur mission au service de leur association« . Enthousiastes, dynamiques et résilients, certains de leurs projets étant suspendus, ils ré-inventent d’autres missions solidaires et citoyennes, qu’ils appliquent au contexte, en tenant compte des mesures de sécurité drastiques imposées par le gouvernement. Nous faisons très attentionmais essayons de continuer à aider comme nous le pouvons. Pour ma part, je me suis inscrite sur la plateforme gouvernementale jeveuxaider.gouv.fr et suis partie faire des récoltes dans les champs pour me frotter à la réalité de récoltes qui conduisent à la salade de vos assiettes !” déclare la sémillante Marine, volontaire en Service civique pour le mouvement Yaniv. 

Depuis le début du confinement, ces jeunes prêtent main forte aux individus les plus vulnérables, personnes âgées, isolées et démunies dans un esprit de solidarité et de fraternité, en lien avec le Réseau Ezra du FSJU ou de Passerelles 

Au sein de leurs mouvements et centres communautairessuivis de très prés par leurs tuteurs locaux, les jeunes se mobilisent pour participer au maintien du lien avec les personnes isolées de la communauté ou enregistrées sur les listes des associations et municipalitésvia la plateforme Discussions Solidaires mis en place par l’Agence Nationale du Service civique ou leurs communautés. “Nous appelons régulièrement les personnes âgées pour prendre de leurs nouvelles, leur dire qu’on est là pour eux s’ils ont besoin de quoi que ce soit, et les sortir de l’isolement”, déclare avec conviction Clara de l’Habonim Dror Marseille.   

Les volontaires maintiennent ce lien avec les personnes fragiles âgées et leurs aînés, convaincus de la puissance de la relation intergénérationnelle qui produit un devoir de mémoire, d’assistance et de considération. Ils ont pour mission d’écouter, accompagner, conseiller, rassurer par des appels téléphoniques ou visio-conférences plusieurs fois par semaine et re-dirigent si besoin vers des services ou cellules psychologiques spécialisées, les personnes en souffrance, en collaboration avec le FSJU, le CASIM, le CASIT, l’OPEJ etc. 

Pour ceux qui sont motorisés et équipés de gants et de masquesils déposent sur le pas de la porte les courses de produits de première nécessité et médicaments aux personnes âgées, ainsi que des colis de pessah, en lien avec le FSJU, les EEIF, l’UEJF. “Pour Pessah, je suis allé distribuer plusieurs colis aux familles en nécessité en faisant bien attention à respecter les règles de sécuritécar la seule contagion qui vaille, c’est mon sourire et ma bonne humeur !  assène avec l’aplomb qui lui sied Benjamin du centre Hillel de Fontenay. 

La situation de confinement en famille étant difficile pour certains, les volontaires ont décidé de soutenir les élèves en difficulté, les aider à faire leurs devoirs à distance, à s’organiser et à réguler la surcharge de travail. Ainsi, ils ont tous un ou deux élèves qu’ils suivent régulièrement et soutiennent par visio-conférence. “Je donne des cours en Facetime et poste même des tutos pour l’estime de soi des personnes déconfites par le déconfinement (sourires) à travers des astuces beauté pour que cette situation ne rime pas avec relâchement! s’amuse à rappeler Deborah Liwer, volontaire en Service civique pour le centre du Raincy et esthéticienne de son état. 

On le voit, ces jeunes ne sont pas à court d’idées. Ils inventent tout un arsenal de jeux pédagogiques et ludiques, particulièrement créatifs et interactifs pour la jeunesse de ces structures, et se réunissent régulièrement entre eux par ZOOM, Instagram ou Facebook. Ils ont même réalisé un clip de soutien, sous la bannière de NOÉ, aux personnes isolées pour leur souhaiter un bon seder de Pessah (vidéo ci-dessous). 

Ils se sont également mobilisés pour Yom Hashoah, les 20 et 21 avril derniers, Journée consacrée à la mémoire des victimes de la Shoah, pour la lecture des noms organisée sur Zoom par les Éclaireurs et Éclaireuses Israélites de France (EEIF) et ont même diffusé une vidéo de soutien aux survivants de la Shoah, membres du réseau Passerelles du Fonds Social Juif Unifié (FSJU). Rudy, volontaire en service civique pour le centre CINA de Neuilly et EEIF “toujours prêt » a transmis un message d’espoir et d’encouragement aux survivants : “En ce jour, je tiens à vous redire toute l’admiration, le respect et la considération que j’ai à votre égard et que nous sommes pensons très fort à vous”.Séquence émotion !

Toujours actifs, c’est emplis de bonnes ondes que tous ont participé à un grand Quizz sur Israël organisé par l’Action Jeunesse (voir notre article dédié) et présenté par Daphné Ayache (Action Jeunesse) et Julien Cohen-Salmon, ex volontaire en Service Civique pour MoadonMalgré quelques problèmes techniques, tous ont joué le jeu et célébré ensemble les 72 ans de l’Etat d’Israël. Enfin, le confinement n’étant pas synonyme de vacances, tous les volontaires en Service civique se sont retrouvés un dimanche (!), le 3 mai, pour leur formation Civique et Citoyenne obligatoire.  

Fidèles au poste, en l’occurrence leur ordi, c’est sur le fameux zoom que chacun a pu présenter ses projets, ce qu’il a aimé, et interpellé au cours de sa mission de huit mois qui prend fin en juin. La formation était encadrée par Patricia Smadjacoach professionnel et intervenante fétiche du Campus FSJU , notre partenaire pour cette formation, qui a su transmettre beaucoup d’énergie et de dynamisme aux jeunes dans cette approche d’une sociologie très pragmatique et incarnée. Pendant plus de heures, tous ont brainstormé sur la notion de communication interpersonnelle et exploré la notion de cadre de référence. Ils ont fait le célèbre exercice du “doigt qui tourne” et Nathanël , volontaire en Service civique à l’Habonim Dror à Paris, a expliqué au groupe l’importance du changement de point de vue Patricia Smadja leur a demandé tour à tour de comprendre et illustrer le rimbaldien  « Je est un autre » et que nous avons tous « un filtre d’interprétation différent du nôtre » (façonné par sa  propre éducation, sa cultureses valeurs, ses principes, ses expériences, son ego etc.), ce qui permet quand on en prend conscience de parvenir à déjouer la plupart des conflits relationnels et manipulations de tous ordres. Les volontairese sont pris au jeu et sont parvenus à la conclusion qu’il ne faut pas chercher à avoir raison à tout prix, mais écouter l’autre attentivement (sacrée « écoute active » !) et lui faire une place avant d’émettre des jugements a priori. Aux côtés de Philippe Lévy, responsable de NOÉ et co-animateur de cette session, Patricia a souligné l’importance de la bienveillance envers l’autre qui s’inscrit dans la même ligne que la phrase de Kedochim : “Juge ton prochain favorablement”. Ainsi les volontaires se sont ouverts au fur et à mesure sur leur expérience au court de la mission, gagnant en confiance dans un exercice à distance qui ne rend pas immédiatement aisé la spontanéité par le jeu des micros ouverts ou coupés. Ilana de Moadon a confessé “C’est difficile pour moi d’entendre la parole de l’autre si elle contrevient à mes idées plutôt tranchées, moi qui cherche toujours à avoir raison, et qui un brin très têtue (…) ça a d’ailleurs donné lieu à un certain nombre de conflits, et il a fallu faire des concessions et ça n’était pas facile mais ça m’a permis de grandir et d’apprendre la tolérance, mais c’est l’apprentissage de toute une vie ”, conclut-elle avec philosophie. Eva qui forme un binôme avec Rudy s’est également ouverte : “Je reconnais être d’une nature plutôt obtuse en général, j’ai peur d’aller vers les gens qui ne me ressemblent pas, c’est intéressant ce que vous dites, ça me donne l’occasion de réfléchir à ma façon d’agir et de changer certains comportements”. Nathaniel A., volontaire du centre ACIP de Bondy a, quant à lui, retenu : “Il faut faire attention à nos pensées qui peuvent nous pousser à agir de façon automatique et inadaptée”. Patricia nous rappelé la phrase du Rabbin et conteur Nahman de Bretslav aux aphorismes inspirants : Là où tes pensées sont, tu es, veilles à ce que tes pensées soient là où tu veux être”.  

Ils ont également abordé les notions d’assertivité, autrement dit « quand savoir dire oui ou non » pour n’être “ni hérisson, ni paillasson”, ajoute Philippe Lévy qui recourt à ces approches de l’anthropologie de la communication, héritées de l’École californienne de Palo Alto,  dans le management de tous les jours. Nathan dit avoir eu un peu de mal à trouver sa place au sein de sa structure et s’imposer dans un groupe de 4 volontaires en service civique n’était pas chose aisée. ”Je déteste les conflits et j’ai du mal à dire non”.  La réalité de cette « assertivité » est plutôt rugueuse et même curieuse parfois dans une société où l’individualisme prend le pas sur l’altruisme.

Une formation « d’utilité civique ! » , ajoute en conclusion Léa du mouvement NOAM, et de circonstance en cette période inédite de privation de lien social, complète Emmanuelle qui annonce sa poursuite dans le courant du mois de juin avec des exercices pratiques et jeux de rôle qui eur servira cet été lors des centres de vacances – s’ils sont maintenus – mais surtout dans leur vie au quotidien. Les jeunes ont remercié chaleureusement les organisateurs pour cette formation qu’ils ont trouvée “très enrichissante et parlante”, le processus de regard sur soi ne faisant que commencer.

Cette période si particulière pour tous a permis à nos volontaires en Service Civique de se réinventer, d’être seuls ensembled’expérimenter de nouveaux moyens de communication et d’en saisir l’essence positive et mener à bien leurs missions tout en aidant ceux qui en ont le plus besoin. Bravo à eux pour leur créativité et leur optimisme ! Cette année plus que jamaisl’Action Jeunesse est fière de ses jeunes citoyens qui ont a de l’avenir ! 

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