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Parents au bord de la crise de nerfs

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Après deux mois de confinement, gérer ses émotions peut devenir compliqué. Entre les enfants qui ont eu classe à la maison, les ados privés de leurs potes, le télétravail et les tâches quotidiennes, il n’est pas aisé de tout maîtriser et de garder son calme. Cette « assignation à résidence » devient pesante pour les parents. Afin de mieux décrypter son ado et aider les familles, le Campus FSJU, organisme de formation du Fonds Social Juif Unifié, partenaire de NOÉ, donne chaque semaine la parole à des experts de l’éducation, formelle ou informelle. Un blog malin et utile enrichi de contributions qui donnent un vrai coup de pouce pour aider papa et maman en toute zénitude.  

Zoom sur l’école !  

Comme lors de chaque crise, il existe un moment incompressible nécessaire à tous : celui de prendre du recul sur la situation, l’analyser et savoir comment y faire face. Cette fois encore, il a fallu s’adapter, comprendre et acquérir un nouveau rythme, se trouver des moments pour s’isoler et se concentrer. Ce travail, utile pour les adultes, l’est également pour les plus jeunes, qui ont parfois du mal à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. “Derrière chaque émotion se cache un besoin, il faut alors aider ces enfants à les décoder jusqu’à ce qu’ils soient capables de le faire seuls !” explique Sarah Lévy, psychothérapeute et sophrologue et intervenante au Campus FSJU. “C’est pour leur apprendre à comprendre ce qu’ils ressentent que j’ai créé Monsieur et Madame Avocado gèrent leurs émotions.” 

Entre les devoirs Ă  la maison et les sollicitations de jeux, il est souvent complexe de les tenir assis sur une chaise plus de quelques minutes. Dans un contexte totalement inĂ©dit, comment rĂ©ussir Ă  capter l’attention ses enfants lors des fatidiques sĂ©ances de devoirs ? Nous le savons, ĂŞtre parent et/ou enseignant n’est pas de tout repos. “Vous pouvez aider votre enfant ponctuellement, mais vous restez son parent. Il doit pouvoir, en fonction de son âge et des demandes des enseignants, acquĂ©rir une autonomie progressive. L’apprentissage doit rester – ou devenir ? – un plaisir.” explique HĂ©lène Rozemblum, cheffe d’établissement dans son article “Poursuite de la continuitĂ© pĂ©dagogique”.

Et pourquoi l’école ne serait-elle pas ludique grâce Ă  l’utilisation raisonnĂ©e des Ă©crans ? Qui a dĂ©crĂ©tĂ© que les nouvelles technologies ne peuvent pas permettre de tester de nouvelles mĂ©thodes d’apprentissage ? Avant le confinement, les critiques sur la classe numĂ©rique Ă©taient sĂ©vères et les rĂ©sultats mitigĂ©s (cf. l’article de Philippe LĂ©vy « Apprendre autrement avec les nouvelles technologies »), l’usage numĂ©rique au quotidien plutĂ´t diabolisĂ© au point de couper l’individu, et a fortiori l’adolescent, de toute socialitĂ©, fondement mĂŞme de toute relation humaine (cf. l’ouvrage de l’anthropologue amĂ©ricaine de Sherry Turkle « Seuls ensemble » qui en rĂ©sume les approches. Éditions L’ÉchappĂ©e). Faire de la connectivitĂ© une interactivitĂ© « apprenante », c’est tout le pari de Lumni, l’Ă©mission proprement lumineuse proposĂ©e quotidiennement sur France 4, qui aborde des thĂ©matiques du programme scolaire par tranche d’âge. Une Ă©mission 100% fun et pĂ©dagogique qui vise Ă  permettre au plus grand nombre de suivre des cours Ă  la maison, en dĂ©culpabilisant les parents de mettre leur progĂ©niture devant la tĂ©lĂ©. Pour lutter contre le dĂ©crochage scolaire, des professeurs ingĂ©nieux ont lancĂ© leur propre chaĂ®ne YouTube et abordent le programme, dĂ©guisĂ©s et dans un monde totalement imaginaire pour plaire aux petits comme aux plus grands, et tenter de fidĂ©liser Ă  distance. Ces mises en scène du savoir et nouveaux apprentissages rĂ©vèlent un investissement exemplaire des enseignants dont certains, – et c’est ce que montre la diversitĂ© des billets du blog-, ont empruntĂ© aux corpus et mĂ©thodes de l’Ă©ducation informelle pour captiver leur audience.  

Vers une colo virtuelle ? 

Du cĂ´tĂ© de l’éducation informelle, le confinement a obligĂ© les mouvements de jeunesse Ă  revoir leur organisation et Ă  penser Ă©galement, dans l’esprit du pendant de la continuitĂ© pĂ©dagogique scolaire, leur place et le lien Ă  retisser avec les enfants qu’ils avaient l’habitude de retrouver chaque semaine. « Plus question de se rejoindre au local pour parler des prochaines colonies, tout est devenu virtuel ! » dĂ©clarent de concert plusieurs responsables d’associations de jeunesse fĂ©dĂ©rĂ©es par NOÉ. Et contrairement Ă  ce que l’on aurait pu imaginer, les Ă©crans n’ont pas Ă©loignĂ© les jeunes de ces structures, bien au contraire ! « Nos jeunes ont besoin de se rencontrer, recrĂ©er du lien avec leurs pairs. Grâce Ă  de nouveaux outils de communications tels que Zoom, House Party ou FaceTime, ils se sentent moins seuls et partagent au quotidien leur vie de confinĂ©s. » poursuivent-ils. Depuis plusieurs semaines il n’est pas rare de participer Ă  des activitĂ©s depuis son Ă©cran pour Ă©tablir un nouveau dialogue avec leurs madrikhim (animateurs). « Nous avons dĂ» nous rĂ©inventer et adopter des nouveaux codes. Pour le plus grand bonheur de tous et le sĂ©same et la confiance des parents, souvent dĂ©bordĂ©s il faut bien l’avouer ! » s’amuse Victoria Cohen, responsable pĂ©dagogique de YANIV. À l’aube d’un possible dĂ©confinement, la question des centres de vacances reste toujours en suspens (voir notre Édito « Colo or not cool » et notre article sur le GIC Jeunesse). Les organismes vont-ils dĂ©cider de ne pas prendre de risques et ainsi opter pour une “saison blanche” ou doivent-ils assurer une continuitĂ© des activitĂ©s ? “Cette question, tous les membres du GIC Jeunesse se la posent quotidiennement, analysant les points positifs et nĂ©gatifs d’un maintien ou d’une annulation des centres. Certains ont dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ© de reprendre leurs activitĂ©s en septembre tandis que d’autres veulent y croire jusqu’au dernier moment” complète Philippe LĂ©vy, directeur de l’Action Jeunesse. Dans tous les cas, nombre d’entre eux dĂ©cident d’ores et dĂ©jĂ  de ne pas laisser les enfants seuls tout le mois de juillet et se creusent les mĂ©ninges pour proposer des activitĂ©s en ligne. “Nous avons tentĂ© une colo virtuelle en avril et c’était une vraie expĂ©rience ! Les enfants se dispersent rapidement, mais ils sont tellement heureux de retrouver un semblant de lien social !” poursuit Oren Giorno, responsable jeunesse de JudaĂŻsme en mouvement. “Du cĂ´tĂ© de l’Action Jeunesse, nous aussi avons appris Ă  changer de braquet et nous rĂ©inventer pendant ces deux mois. Les cĂ©rĂ©monies de Yom HaShoah et actions pour Yom Haatsmaout ont Ă©té des rĂ©ussites. Cela nous permet de penser dĂ©jĂ  Ă  la rentrĂ©e dans une stratĂ©gie Ă©ducative en partie digitalisĂ©e !” poursuit Philippe LĂ©vy.   

Ces quelques mois auront donc permis à tous les acteurs de l’éducation formelle et informelle de réfléchir sur de nouveaux enjeux et méthodes de travail, qui ne manqueront pas de perdurer dans le temps. Seul moyen d’interaction sociale, les écrans sont pour la première fois un outil majeur de l’éducation. De l’école online, aux vidéos interactives et colos virtuelles, les progrès et projets sont nombreux, en attendant de se retrouver, cette fois-ci dans la vraie vie pour des échanges et des savoirs plus incarnés ! 

 Pour suivre les différents articles du Campus FSJU : https://blog.campusfsju.org/ 

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