user

Partenariat NOÉ/Agence Juive : le Séminaire Guesher sur les colos à la française !

PARTAGER

Eyal, Morane, Nina, Meytal, Noa, Elias, Dan, Theo, Myriam, Matan, Hillel, … Ils ont tous un point commun ! Jeunes Israéliens francophones, ils participent actuellement aux colos des mouvements de jeunesse pour apporter leurs connaissances pédagogiques, linguistiques et culturelles de l’État hébreu aux enfants qui leur sont confiés. 

Philippe Levy explique le déroulé du séminaire

C’est une grande première pour l’Agence juive pour Israël qui a décidé cette année d’envoyer cet été plusieurs madrikhim (animateurs) israéliens dans les centres de vacances labélisés NOÉ. Ils font partie intégrante des équipes d’encadrement du DEJJ, du Bne Akiva, de Moadon, Yaniv, des EEIF, de l’Hachomer Hatzaïr ou encore de Netzer. Selon le directeur de l’Agence Juive, Arié Abitbol, qui s’est rapproché naturellement du département Jeunesse pour sa capacité à fédérer les organisateurs dans le cadre du label NOÉ, il s’agit d’« un geste symbolique fort » qui place le vecteur identitaire d’Israël au cœur des activités informelles des loisirs d’une colo ou d’un camp scout. 

Pour les préparer à s’adapter au mieux à ces séjours qui concentrent à eux seuls toute l’expertise des « colos à la française », l’équipe NOÉ a animé les 5 et 6 juillet derniers un séminaire « pré-camp » baptisé « Guesher » (« le pont » en hébreu) afin de sensibiliser ces postulants aux spécificités de ces séjours, notamment en matière de législation et de différenciations culturelles. En effet, il n’en existe pas ou peu d’équivalents en Israël et les ACM (Accueils Collectifs de Mineurs) avec ou sans hébergement comme on les nomme dans le jargon de l’animation socio-culturelle sont régis par une réglementation.  

Richard Odier, DG du FSJU et Arié Abitbol DG de l’Agence Juive en France ouvrent le séminaire Guesher

Arié Abitbol, directeur de l’Agence Juive en France et Richard Odier, directeur du FSJU, ont ouvert cette formation le 5 juillet en rappelant aux madrikhim, venus de tout Israël et dont l’attachement à la France est enthousiaste, l’importance de leur mission d’ambassadeurs dans les ACM et l’expérience significative qu’ils acquerront en participant à ces séjours. Sarah Toledano, en charge du projet à l’Agence Juive a également assisté auprès de l’équipe de NOÉ à ces deux jours d’une édition pilote.  

Afin de briser la glace et se mettre dans le bain linguistique francophone, le séminaire a débuté par des jeux de présentation animés par Philippe Levy, Directeur de l’Action Jeunesse, qui est également revenu sur les spécificités des colos à la française ainsi que sur les différentes composantes de la fonction d’animateur. Jonas Belaiche, qui lui a succédé, a mené à travers un échange riche et passionnant un atelier sur “la posture de l’animateur juif”. « Je sais maintenant que l’intérêt d’une activité repose sur le message que l’on souhaite faire passer et pourquoi on souhaite le faire passer, l’activité en elle-même étant le vecteur de transmission de ce message », témoigne Dan, jeune madrikh de 23 ans qui a fait l’armée, placé dans une colo à Moadon, et dont le bel accent signe d’emblée l’esprit de ce séminaire : “jeter un pont entre deux cultures à la fois proches et lointaines”, commente Philippe Lévy.  

Après une pause déjeuner bien méritée, les jeunes se sont retrouvés pour une partie primordiale de leur séminaire, autour de la législation française. Serge Belaiche, formateur de l’OFAC depuis de nombreuses années dans les stages BAFA et BAFD de NOÉ et ancien directeur pédagogique à l’école Yabné Paris, entre autres, a mis son expertise et sa pédagogie à la disposition des jeunes en reprenant avec eux les points essentiels de la législation française autour de la colo et du bien-être de l’enfant.  

« Ce module de formation était très instructif pour nous ; j’ai par exemple appris que lors d’une baignade avec les enfants, il fallait 1 animateur pour 8 enfants de 6 ans et plus, avec un maximum de 40 enfants. Ce sont des notions importantes qui sont différentes en Israël », explique Nina, jeune israélienne de la promotion.  

Serge Belaiche revient sur la législation

Enfin, la première journée de formation s’est conclue par un atelier sur l’interculturalité et comment interagir tout en acceptant l’autre et sa différence. « Nous avons tenté de poser quelques notions telles que le “cadre de référence”, “ l’empathie”… pour permettre aux jeunes israéliens de se sentir à l’aise avec leurs peurs, leurs appréhensions et leur incompréhension. Ce n’est pas forcément évident de s’intégrer dans une colo avec une équipe d’animateurs qui se connait, pour certains, depuis des années. Nous avons également beaucoup échangé en brainstormant sur les clichés autour des Israéliens vus par les Français et inversement pour enfin finir sur les similitudes et les messages que nos jeunes souhaitent apporter aux enfants des différentes colos », raconte Débora Dahan, en charge de ce module.  

Stéphanie Kastel, psychologue clinicienne est intervenue le second jour de formation autour d’un débat sur l’enfant en souffrance”, dans la lignée des deux webinaires qui avaient été organisés pour les cadres de mouvements de jeunesse et dirceteurs d’ACM en mai ( lien ici) . Les jeunes ont particulièrement apprécié ce moment d’échanges qui a suscité bien des questionnements sur la juste distance à tenir avec les enfants. « J’ai beaucoup apprécié la façon dont Stéphanie nous a fait participer à l’activité. Ses exercices étaient très interactifs et nous avons pu expérimenter de nouvelles notions autour de jeux et de mises en situation sur le thème de l’enfant en souffrance », nous explique Myriam. Un atelier très apprécié par les madrikhim qui, selon l’évaluation à chaud de nos stagiaires, arrive en numéro un des ateliers préférés de nos jeunes israéliens.  

Enfin, la promotion s’est frottée à quelques jeux de simulation autour de la sécurité en colo, sorties et sur le quai de la gare, rappelant ainsi les fondamentaux et les gestes à adopter dans différentes situations. 

Hillel, jeune israélien placé dans une colo du DEJJ cet été

Philippe Lévy revient sur l’esprit de cette formation : « Il ne s’agissait pas d’un BAFA , qui se déroule sur 6 jours et dont ces Israéliens n’étaient pas été éligibles, mais bien d’un condensé de notions qui les familiarisent à la spécificité de nos ACM qui, dans le monde, sont les seuls à être régis par une législation et un contrôle par les services de l’Etat des plus exigeants ! Par ailleurs, à travers des simulations et des jeux de rôles, il était important pour nous de permettre à ces Israéliens de poser toutes les questions ayant trait notamment à la dynamique de groupe au sein d’une équipe déjà formée : pas simple en effet d’intégrer Yaniv, les EEIF ou le DEJJ qui ont leurs propres codes ». Tous les madrikhim ont adhéré au propos d’une formation axée sur les différences et les ponts qui peuvent exister entre l’éducation israélienne (réputée plus laxiste : l’enfant roi ! ) et française plus stricte, en envisageant également les aspects liés au projet éducatif de l’organisme ou aux valeurs juives (respect du minimum commun). 

Avec humour et pragmatisme, les jeunes se sont vu remettre un diplôme symbolique pour aborder cette première expérience. Les responsables des organisateurs hôtes ont d’ailleurs saluécette initiative du FSJU, dont le département Jeunesse en première intention, appelant de leurs vœux de multiples initiatives qui conjuguent les approches éducatives française et israélienne.

 

 

Laisser un commentaire

Pas de commentaire

MENU
NOÉ