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Barouch Dayan Aemeth. Jacques Bakouch (z’l) : le bâtisseur !

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Un grand éducateur nous a quittés à Marseille le 24 octobre dernier à l’âge de 84 ans. Résolument attaché au DEJJ (Département Educatif de la Jeunesse Juive), le mouvement de jeunesse qu’il a fondé à Marseille en 1962, Jacques Bakouch (z’l) a dédié sa vie à l’éducation informelle et à la jeunesse juive de France. Une pluie d’hommages en sa mémoire bénie ruisselle sur l’ensemble de la communauté éducative qui voyait en lui un bâtisseur et un éternel optimiste. Selon lui :  » L’éducation joyeuse et transformatrice  répare le monde. » Il en était un des champions !

Hommage de Philippe Lévy, directeur de l’Action Jeunesse du FSJU à Jacques Bakouch (z’l)

« Jacques Bakouch a longtemps fait partie de nombreuses institutions et associations pour jeunes : membre fondateur du DEJJ à Marseille, président Marseille PACA, vice-président national du DEJJ, membre de SOS Racisme, élevé au grade d’Officier de l’Ordre National du Mérite en 2009, formateur BAFA exceptionnel au sein de l’OFAC Marseille, enseignant AFPA …le palmarès est long… jusqu’à sa retraite dans la petite ville d’Allauch près de Marseille, à côté de sa femme Sonia, son guide protecteur, à qui j’adresse ainsi qu’à sa fille Marjorie, et ses fils, Daniel et Jean-Marc,  toutes mes pensées affectueuses, …  lui, « Belette », de son nom de totem,  cultivant patiemment son jardin, mais toujours en alerte sur les sujets communautaires, son mouvement le DEJJ, et je le sais grand supporter du programme NOÉ que je porte.

Il était d’ailleurs fier qu’un petit gars du DEJJ, comme moi, formé par lui à Barcelonnette dans les Alpes de Hautes-Provence, à la faveur d’étés les plus marquants de ma vie, ait pu à son tour endosser la relève en prenant un jour une responsabilité communautaire, ici au Fonds Social Juif Unifié.

Depuis 1962, toutes les actions qu’il a menées avec conviction et tempérament se sont inscrites dans une démarche éducative, passionné et synchronisée avec ses actes, engagements et les valeurs de citoyenneté, de tolérance, de respect et d’altérité chevillées au corps. Combien de générations peuvent se réclamer de « Bakouch » dont le sonnera longtemps comme un gage d’une formation d’esprits libres et altruistes en tous points !

Jacques, zikhono Livraha, c’était la définition même de l’éducation informelle : incarnée, résolument passionnée, transformatrice, pétrie de méthodes actives qui révélaient le talent de chacun, animateur, éducateur ou simple jeune égaré où savait détecter en lui !

Lui-même était un vrai tourbillon de créativité, un gouailleur aux colères homériques qui se terminaient toujours par un grand éclat de rire avec ses yeux bleus intenses qui vous inondaient de bien-être et vous mettaient immédiatement en confiance.

Animé d’une vision joyeuse de l’éducation du jeune par le jeune, d’une véritable « vis comica », il nous poussait hors de nos limites… Il brisait les barrières générationnelles : le tutoiement était de rigueur ! Jacques était notre ami, notre confident, notre grand-père idéal.

Il nous faisait rire aux éclats, tel un clown qui n’avait cure de l’image qu’il renvoyait : « l’éducation est peut-être un chose sérieuse », me disait-il si souvent, vitupérant contre les pédagogistes lénifiants et jargonneux de tous poils, « mais nous ne devons pas nous prendre au sérieux », lui le déconneur qui avait bien plus de profondeur que bien des intellos de la cause éducative.

Si nos cœurs sont serrés, nos yeux gorgés de larmes, nous sommes forts de son héritage, fiers de l’avoir eu sur notre chemin, et même obligés de passer le témoin à notre tour…

Nous lui avions rendu hommage en 2013 à l’occasion du grand concert donné pour les 50 ans du DEJJ au Théâtre Comédia. Il me confiait, il écoutait chaque semaine le CD des chansons des colos sublimées par un orchestre symphonique qu’il se passait en boucle, les larmes aux yeux. Dont l’hymne du DEJJ : Yechno (ndlr, voir le clip du spectacle ici).

Alors Belette, Jacques au grand cœur, haver, cette chanson résonnera à chaque fois dans nos cœurs comme ton éternelle présence, ton éclat de rire et ton infinie bonté ! »

Retrouvez l’article paru dans Actualité Juive en hommage à Jacques Bakouch ici

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