user

Condition étudiante : NOÉ lance son label B.E.E.

B.E.E. : sous cet acronyme, se dévoile, via un fonds dédié, une démarche du FSJU qui c

oncilie intervention d’urgence et soutien aux initiatives inventives pour lutter contre le mal-être étudiant.

 

  • Vous êtes une association qui souhaitez candidater au label BEE pour présenter une initiative qui favorise le bien-être étudiant dans une logique du pair (le jeune par le jeune) dans les champs de l’aide matérielle, du social, du portage alimentaire, du soutien psy, de la lutte contre le décrochage, prenez contact avec notre équipe et adressez votre projet à : Questionnaire LABEL BEE

 

Un mal-être persistant

À la une de tous les médias, la détresse étudiante a resurgi dans le débat public montrant le désarroi de ces jeunes travailleurs intellectuels en formation en prise aux phénomènes d’isolement, de décrochage dans les études, de précarité matérielle, voire de dépression. L’arrêt des cours en présentiel, la fermeture des lieux de vie et de fête estudiantins (bars, restos, salles de concert…) et des frontières obérant les voyages et les études à l’étranger, conjugués à une mise à distance des aînés (les grands-parents notamment de peur de les contaminer), a indéniablement obscurci leurs perspectives.

« La disparition des mutuelles étudiantes sur les campus est dramatique pour la connaissance du système de santé, et génère une croissance du renoncement aux soins ». C’est le constat sans appel de Pierre Faivre, porte parole du groupement mutualiste HEYME et conseiller santé à la région Ile-de-France, invité à la consultation du FSJU pour faire part du traumatisme psychologique et quasi existentiel d’une population qui rentre dans l’âge du « désir de devenir », de « l’irrésistible envie de se projeter et se construire » et que beaucoup stigmatisent. « Le ‘’péril jeune’’ revient dans les esprits, car on les affuble de tous les maux et surtout d’insouciance en n’ayant cure de contaminer autrui dans des regroupements au sein d’appartements, défiant les confinements. », ajoute-t-il, pressé de rappeler, au contraire, l’extraordinaire résilience d’une Jeunesse qui « a tout perdu dans le choc sanitaire et social de la crise et s’est montrée en bien des circonstances plutôt exemplaire ! ».

Les enquêtes de l’Observatoire de la Vie Étudiante (OVE) sont alarmantes : un jeune sur trois ne croit plus en l’avenir et la crise a amplifié le repli de nombreux jeunes et fragilisé les plus précaires, dont les étudiants étrangers, assignés à résidence et déboussolés par le choc culturel, linguistique et la méconnaissance de la protection sociale française.

Le slogan présidentiel plutôt défaitiste : « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 » sonnera décidément comme le couperet d’une génération que l’on dit tantôt « sacrifiée », tantôt au « rabais » avec une année de cours, y compris pour les plus diplômés, sans réels travaux pratiques et validation d’examens digne des standards en présentiel : « Nous avons le sentiment que nos diplômes seront dépréciés par les recruteurs », témoigne Simha, la présidente l’UEJF Lyon, qui va réunir les étudiants au sein de la nouvelle délégation FSJU Rhône-Alpes, dans laquelle s’est installée la section locale, pour des travaux de groupes afin de restaurer du lien social.

Même les mesures gouvernementales prises sur le tard par le gouvernement, et encore trop illisibles pour les jeunes (chèque psy, RU à 1€, mentorat…) ne suffiront à estomper le malaise qui

frappe toute une classe d’âge en perte de ses repères et de rituels socialisants.

« Nos ami.e.s, nos collègues de la fac, ont besoin de se rencontrer, de rire, et de retrouver une légèreté dont on les a privés avec un cortège d’interdictions barrières aux effets désastreux sur leur moral », rappelle Léo, étudiant à Marseille et résident de la Hilel Campus, également volontaire en service civique FSJU qui voit dans ses engagements solidaires une noble occupation qui l’extirpe de son quotidien.

La crise de la santé mentale étudiante, pointée du doigt dans une tribune du Monde du 16 nov., signée par un collectif de présidents d’université et de médecins directeurs de BAPU2, a explosé avec la Covid. Elle accentue le constat de manque de prise en charge : « Les chiffres sont édifiants en France, on compte seulement un psychologue pour 29 882 étudiants VS les USA où l’on compte un psy à temps plein pour 1600 étudiants sur le campus ! » déclare Nicole-Amouyal-Cohen, directrice du service Maguen Noah et du PAEJ, spécialisé dans l’écoute psychologique et l’accueil des étudiants en détresse.

La consultation du FSJU pour cibler les solutions

Pendant plus d’un mois, aux côtés d’experts tels l’OPEJ cité plus haut, les délégations FSJU, implantées dans les principales capitales étudiantes régionales, et des experts du monde de l’enseignement supérieur (Crous, Médecine préventive universitaire, mutualité étudiante …), l’Action Jeunesse a mené une consultation inédite auprès d’une trentaine d’acteurs en prise avec les étudiants pour tenter d’identifier les corrélations chez nos jeunes coreligionnaire des maux touchant la Jeunesse nationale.

Ainsi, les sections locales de l’UEJF, les résidents parisiens de la Moishe House, les Chabad on Campus, ont-ils été mis à contribution dans un repérage que tous s’accordent à qualifier de peu scientifique, compte tenu de la diminution des cours en présentiel, mais convergent sur la dimension de la souffrance psychologique liée à l’isolement.

« Les étudiants que nous rencontrons sont plutôt épargnés par les conséquences les plus sévères de la crise : urgence alimentaire ou velléités suicidaires », témoigne Nicole A. Cohen, évoquant le travail remarquable des psy du PAEJ, des assistantes sociales des CASI, du

Réseau Ezra FSJU ou des responsables des mouvements de jeunesse qui ont maintenu du lien, au plus fort des confinements, avec leurs animateurs étudiants.

« Il n’empêche que certaines situations, fussent-elles circonscrites à des jeunes privés de retourner en province pour revoir l

eurs parents, ou précarisés en raison de leur situation personnelle ou financière » ont exigé des interventions décisives ! » commentent de concert Levi Mimoun, jeune rabbin hyperactif et proche des étudiants du plateau de Saclay, et Laurent Gradwohl, directeur du FSJU Est qui a monté dans l’urgence un portage de repas chabbatiques pour 50 étudiants de l’ORT Strasbourg, totalement isolés.

Pour compléter ces focus3, furent également entendus nombre de responsables de BAPU, mutuelles étudiantes, Crous, …qui ont apporté un éclairage sociologique pertinent en regard de l’analyse communautaire qui sous-tend une démarche affinitaire s’appuyant notamment sur l’incroyable énergie et ressort des acteurs associatifs de terrain qui se mobilisent dans un réseau d’entraide exceptionnel.

  • Les constats partagés :

– Pudeur de l’étudiant-e qui ne se déclare pas en souffrance et peine à s’orienter vers les BAPU.

– Problématiques de repérage de nos jeunes coreligionnaires.

– L’isolement et la privation de loisirs et de liens sociaux ont été très délétères.

– Phénomènes de dépression, manque de projection, manque d’estime de soi.

– Décrochage universitaire induit par les cours à distance et le manque de motivation.

– Perte d’autonomie, difficultés d’insertion (pénurie de jobs d’étudiants ou en alternance) et de la recherche d’un premier emploi pour les jeunes diplômés.

  • Les approches à privilégier :

– La logique du pair prévaut : l’entraide du jeune par le jeune qui instaure un dialogue confiant et complice.

– une conduite pro-active : aller sur les campus au contact incarné des étudiants le plus possible, les appeler pour mainte

nir du lien et détecter les souffrances psychologiques en les orientant vers des professionnels de santé ou des relais d’écoute psy.

– Aiguillage vers les dispositifs gouvernementaux et les dispositifs communautaires (sections locales UEJF, Réseau Ezra, CASI, …).

– Constitution d’un réseau de professionnels (dénommé le DESK NOÉ) qui puisse coacher les étudiants pour leur redonner espoir et méthodes dans leur parcours d’études ou professionnel.

B.E.E. : une labélisation des initiatives positives !

Forte des ces expertises et propositions concrètes, l’Action Jeunesse a ainsi mis en place une stratégie d’accompagnement qui prend appui sur ses nombreux partenaires en créant le label B.E.E. (Bien-Être Étudiant) associé à un fonds finançant, partout en France, les opérations qui accompagnent les étudiants dans la crise : « Il n’est pas question de créer un nouveau guichet pour ces bénéficiaires que nous avons déjà du mal à détecter, mais de mettre en avant nos partenaires associatifs, qui sont les plus à même de nouer un dialogue avec eux ; partenaires que nous retrouverons une fois par trimestre dans notre Board étudiant pour faire le point sur toutes ces opérations et mutualiser les bonnes pratiques ! », déclare Jonas Belaiche, adjoint du département Jeunesse.

Le symbole d’une abeille choisi pour illustrer le logo du tout nouveau label, qui vient déjà estampiller une dizaine d’initiati

thumbnail of pub ActuJ LABEL bEE-ultime

ves remontées par les délégations régionales du FSJU, traduit le caractère « polinisateur et vertueux du dispositif » estime Débora Dahan, en charge de la promotion des volontaires en service civique, tous étudiants, et donc au cœur de leurs préoccupations.

« Ce label, assorti d’une charte en 10 points, va permettre de soutenir financièrement nombre d’associations qui se bougent et contribuent à lutter contre le mal-être étudiant sous toutes ses formes », poursuit-elle.

À l’image des paniers bio à 1 € mis en place par le FSJU Sud-Est, ou de ces espaces de co-working ou de Airbnb solidaires proposés par l’UEJF, ou de distributions de colis de Pessah menées par le CASIT à Toulouse, ou par l’association COP1 Solidarités étudiantes en Île-de-France, ou encore les actions de lien social réunissant les centraliens, élèves de Polytechnique et ingénieurs de Supelec par le Chabbad on Campus du plateau de Saclay jusqu’au tutorat sur Seine du « Chabbad boat », péniche amarrée dans le 13e près des facs.

Les initiatives comment à se multiplier sur tout le territoire, et le label B.E.E du FSJU entend bien les soutenir tant que durera le crise, car elles sont le plus souvent agiles, pleines de réactivité et créent une dynamique ascensionnelle. Autant dire qu’elles démontrent, pour qui en doutait encore, le formidable élan d’une génération solidaire !

 

  • Vous êtes une association qui souhaitez candidater au label BEE pour présenter une initiative qui favorise le bien-être étudiant dans une logique du pair (le jeune par le jeune) dans les champs de l’aide matérielle, du social, du portage alimentaire, du soutien psy, de la lutte contre le décrochage, prenez contact avec notre équipe et adressez votre projet à : Questionnaire LABEL BEE
MENU
NOÉ