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Projet associatif

« Dayenou? »

Par Emmanuelle Stein

49 votes
Paris

Ce projet vise à rapprocher durant 12 mois des jeunes issus des communautés juives et de migrants par des pratiques artistiques dans le cadre d'ateliers de musique, danse et de calligraphie.

Le projet en détails

Il existe dans la tradition juive des textes fondamentaux sur l’hospitalité et le respect des étrangers mais la réalité politique, sociologique, économique pose de nombreux obstacles à la mise en oeuvre de ces principes dans la vie quotidienne. 

Pouvons nous faire plus ? 

« Dayenou ? » tente d’ apporter sa modeste contribution.

L’objectif est de déconstruire certains préjugés que l’on retrouve à la fois dans les communautés juives et chez les migrants.

De nombreux juifs, comme le reste de la population française, considèrent souvent les migrants comme dangereux. Ces sentiments sont renforcés dans la communauté juive par le constat de la recrudescence de l’antisémitisme. La plupart des jeunes juifs n’ont jamais côtoyé ni parlé à des réfugiés bien qu’ils soient voisins. Nombreux sont ceux qui en ont une vision négative, condescendante au mieux misérabiliste encouragés par certains médias.

Les migrants de leur côté ont, eux aussi, rarement rencontré des juifs. Certains considèrent que les juifs restent entre eux, centrés sur leurs problèmes communautaires. Ceux qui ont été élevés dans des pays arabes ont souvent des préjugés anti-israéliens et  antisémites.

Ce cycle permet à ces jeunes de se confronter à la réalité du terrain de manière positive par la construction de projets artistiques communs avec des jeunes du même âge.

L’art permet d’apaiser les tensions entre communautés, de s’ouvrir à la culture de l’autre. L’art permet un rapprochement et constitue un puissant vecteur de sociabilisation.

Ces publics seront amenés à se rencontrer par le biais des ateliers pendant un trimestre donc susceptibles de créer des liens solides.

Nous avons en effet constaté que trop peu d’activités sont proposées à ces jeunes migrants dans leurs centres et qu’ils sont le plus souvent dans une situation d’attente, ou de réception passive de soins ou d’aide juridique par des associations humanitaires, médicales ou juridiques. Ce cycle d’ateliers participatifs permet de leur apporter du bien être et de la joie et d’alléger ainsi leur détresse psychologique. En participant à ces ateliers, en s’en appropriant les méthodes et en les co-construisant avec les intervenants, les migrants retrouvent  dignité et confiance, qu’ils avaient perdu sur la route migratoire, parce que confrontés à des expériences traumatiques et ramenés constamment à leur condition de « réfugiés » dont ils souhaitent se départir.

L’art permet à ces jeunes de se retrouver sur un pied d’égalité. Le choix de la danse, la musique ou les arts plastiques permet d’outrepasser la langue française, qui peut constituer au départ un frein pour des non-francophones.

C’est un partage artistique et humain où chacun se libère un instant de ses difficultés et de sa condition du moment. Réfugiés, demandeurs d’asile, migrants et élèves, animateurs des ateliers, tous se retrouvent ensemble à partager un moment qui rompt avec la routine, où il n’y a plus de différences sociales, identitaires ou économiques.

3 questions du jury

Quel est ton lien avec la communauté juive de France ?

Issue d’une famille juive traditionnelle, je suis membre active de la communauté Dor Vador, et du mouvement Marom, ancienne EI, j’ai été animatrice d’un camp PIF avec Shoshana Loup Gris en Equateur. j’ai passé une partie de ma scolarité à l’école juive Bialik au Canada où j’ai suivi des cours de yiddish. Je suis passionnée de musique klezmer et chante parfois en yiddish.
Mon grand père rescapé d’Aushwitz répétait souvent : « Mes enfants et petits enfants sont ma revanche sur Hitler ». La déportation de mon grand père et son attitude tolérante m’ont incité à m’impliquer dans la lutte contre les préjugés et la discrimination.

Lorsque j’ai pris connaissance du travail d’ HIAS pour les réfugiés non juifs à l’étranger, j'ai constaté qu’il n’existait pas d’organisation juive comparable en France en matière d’aide aux réfugiés.

En quoi ton projet est-il innovant ?

Il l’est pour trois raisons.

D’une part, la plupart des initiatives en faveur des migrants portent sur le dispositif de première urgence et sont centrées sur l’aide matérielle indispensable.
Le projet « Dayenou ? » complète ce dispositif se concentrant sur les activités artistiques. Dans le cadre de ses ateliers, les participants, loin d’être passifs ou dépendants de l’aide de l’Etat ou des associations caritatives, sont acteurs et impliqués. Certains migrants sont même enseignants.
Ces ateliers donnent de l’énergie et de l’enthousiasme à tous les participants et les placent sur un pied d’égalité.

D’autre part, les initiatives de rapprochement entre la communauté juive française et les migrants sont rares et ponctuelles.

Enfin, le projet « Dayenou ? » est innovant par sa méthode de travail, puisque les activités sont dirigées par un binôme de travail (jeune juif/réfugié).

Comment utiliseras-tu prioritairement la dotation financière octroyée si ton projet est gagnant ?

La dotation financière pour le projet  « Dayenou ? » sera utilisée pour l’organisation des activités.
L’essentiel de la dotation sera affectée à la rémunération des animateurs d’ateliers et du coordinateur de projet. Nous ferons en sorte que les salles pour les ateliers et les représentations nous soient prêtées, de même que les instruments de musique, la sono ou le matériel graphique.

L’essentiel de la communication se fera par les réseaux sociaux, les médias communautaires et bien sûr le bouche à oreille.

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1Comment
  • Garance Butler-oliva
    Posted at 14:17h, 23 mars

    Bonjour,

    Je suis une étudiante en Art. Je serais très intéressée pour aider à animer cet ‘atelier d’art.
    Ayant déjà animé quelques ateliers ce serait un plaisir pour moi de renouveler cette expérience si vous avez besoin d’animateurs bénévoles.

    Vous pouvez me contacter à l’adresse garance.butler@gmail.com

    Bonne journée

    Garance Butler

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« Dayenou? »
Par Emmanuelle Stein
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Elevée dans la tradition juive, musicienne et passionnée par les droits de l'homme, j'ai élaboré le projet Exilophone afin de rassembler populations exilées et locales autour de projets artistiques.
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